Le "Neveu de Rameau" de Denis Diderot

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Permettez-moi de vous raconter les aléas d'une célèbre traduction effectuée par mon illustre "collègue" Johann-Wolfgang von GOETHE (collègue en tant que traducteur, bien sûr), sans oublier quelques remarques sur Denis Diderot et son ouvrage. que j'espère intéressantes, pertinentes et originales (suivi du manuscrit de Diderot, évidemment).


Il convient de noter que ce maintenant fameux dialogue de Diderot , entre un MOI, le narrateur et un LUI, ledit Neveu, auquel on pourrait revenir, était inconnu du vivant de Diderot, puisque, d'après ce qu'on sait, son auteur jugea sa publication trop risquée.

L'histoire de ce "roman bibliographique "commence à Weimar en 1804, le Weimar qui - dû à la présence de Goethe - se transformera d'une bourgade sans rues pavées et un château en ruines en un centre littéraire et culturel de l'Allemagne Romantique. C'est l'année où Schiller présenta à Goethe la copie d'un manuscrit de Denis Diderot, titré"Le Neveu de Rameau", rapporté de St. Petersbourg par son beau-frère WOLZOGEN, ambassadeur à St. Petersbourg. Une provenance plausible, compte tenu des relations actives et engagées de l'écrivain avec la tzarine Catherine, à qui il avait cédé sa bibliothèque présente et future en contrepartie d'une rente convenable . Ce fut sa fille, Madame de Vandeul qui - après la mort de l'illustre homme de lettre, père de l'Encyclopédie - avait envoyait une copie, révisée par l'auteur, à St. Petersbourg,

Lisant tous les deux l'ouvrage avec un enthousiasme exalté, c'est Schiller qui suggéra une traduction. Il ne fallait pas trop insister pour gagner Goethe à cette idée. En effet, depuis avoir choisi Weimar comme résidence définitive, il avait la possibilité de lire les "Correspondances littéraires" que le Baron von Grimm - considéré le meilleur ami de Diderot - envoyait aux princes européens, y compris à la Tzarine Catherine , et aussi au Duc de Saxe-Weimar-Eisenach, deux acteurs, respectivement actrices de notre"roman bibliographique". Diderot collabora aux "Correspondances"en tant que co-auteur. Sans trop d'intérêt au départ, Goethe devint un lecteur assidu, surtout, lorsque "Jacques le Fataliste", "La Religieuse" et "Le Voyage en Hollande" de Diderot y furent publiés dans les annexes (de cette correspondance). ..Page suivante

 

 

 

 

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